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    "La persécution des Roms, Sinti et voyageurs en Alsace annexée, 1940 – 1944" par Théophile Leroy

    2019-2021
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    Théophile Leroy prépare depuis septembre 2019 une thèse sur la persécution des familles itinérantes identifiées comme "tsiganes" ou "asociales" entre mai 1940 et novembre 1944 en Alsace et Moselle annexées. Pour la seconde année consécutive, il bénéficie d’une bourse doctorale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui a souhaité participer à ce travail nécessaire sur un sujet peu étudié.

    Il n’existe en effet pour le moment aucune étude universitaire sur les persécutions subies par les Roms dans cette région. Si le sort des familles expulsées vers la zone libre puis internées a été largement étudié, les politiques qui en sont à l’origine sont encore mal connues, tout comme les trajectoires, complexes, des familles itinérantes dans ces territoires annexés.

    Pour mieux comprendre les mécanismes, les acteurs et les chronologies de cette persécution, Théophile Leroy adopte une approche micro-historique et prosopographique et travaille à la reconstitution des parcours de persécution de familles itinérantes alsaciennes, victimes d’une violente répression aux contours protéiformes. Certaines sont expulsées vers la zone non occupée et internées dans les camps de Rivesaltes et de Saliers en tant que « nomades ». D’autres sont incarcérées et intègrent le système concentrationnaire via le camp du Natzweiler-Struthof. Certaines sont déportées.

    Photographies de "gitans alsaciens" figurant dans l’« album de Rivesaltes », qui réunit des clichés pris entre novembre 1941 et novembre 1942 par Friedel Bohny-Reiter, infirmière du Secours suisse aux enfants

    Photographies figurant dans l’"album de Rivesaltes", qui réunit des clichés pris entre novembre 1941 et novembre 1942 par Friedel Bohny-Reiter, infirmière du Secours suisse aux enfants. La légende "Gitans alsaciens" interroge : comment ces familles originaires d’Alsace se sont-elles retrouvées internées à Rivesaltes, au nord de Perpignan ? 

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    Pour ce faire, Théophile Leroy a réalisé un état des sources qui révèle l’existence d’un important volume d’archives méconnues à dépouiller, en France comme en Allemagne. Il s'appuie notamment sur la collection ITS de Bad Arolsen.

    Cette thèse permettra d’enrichir les connaissances sur les persécutions mises en œuvre par les pouvoirs publics français et allemands à l’encontre des Tsiganes, Roms et Sintis, et notamment de mieux comprendre la dispersion, la dislocation et la disparition des groupes familiaux identifiés comme "tsiganes" ou "asociaux" en Alsace annexée. L’étude des trajectoires familiales, qui permettra d’insérer ces populations dans les mémoires nationales tant en France qu’en Allemagne, répond par ailleurs à une forte demande des descendants de ces familles.
     

    Théophile Leroy prépare sa thèse au Centre de recherches historiques à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, sous la direction de Laurent Joly et d’Ilsen About, et avec l'aide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah pour les années 2019-2020 et 2020-2021.

    Il a participé au séminaire des boursiers organisé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah les 14 et 15 janvier 2020 (voir sa contribution).

    Théophile Leroy répond à 3 questions :
    Quel est votre sujet de recherche ? Pourquoi avoir sollicité une aide de la FMS ? Que vous apporte le séminaire des boursiers de la FMS ?

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