Menu Rechercher

    3 questions à Noémie Madar sur les actions de l'UEJF pour la rentrée universitaire

    Été et rentrée 2021
    Texte

    Avez-vous pu organiser une université d’été ? Quels ont été les thèmes/projets évoqués ?

    Oui, nous avons pu réaliser les Universités d’été de l’UEJF, programme central de formation de l’UEJF soutenu par la FMS. Nous avons, malgré les restrictions, réussi à nous rendre 2 semaines en août en Israël avec un groupe de 35 personnes, des cadres et membres des sections locales de l’UEJF de Paris et de toute la France notamment de Créteil, Nanterre, et Menton, où la section locale de Sciences-Po, toute récente, fait face à une forte expression antisioniste.
    Tout au long de ce programme de formation, nous avons rencontré des personnalités de tous bords, des acteurs de la société israélienne comme 
    l’ONG Latet [soutenue par la FMS], mais aussi la nouvelle ambassadrice d’Israël en France, Yaël German, avant même qu’elle prenne ses fonctions. Nous avons aussi échangé avec le consulat de France à Jérusalem ou encore avec des médecins juifs et arabes de l’hôpital d’Hadassah mais aussi avec Yom Tov Kalfon, nouveau député francophone à la Knesset. Nous nous sommes également rendus au mémorial de Yad Vashem ou encore dans les clubs de jeunes Beit Ham et Beit Esther dans les quartiers défavorisés de Jérusalem et d’Abou Gosh. 

    Le but premier des Universités d’été est de former les cadres de l’UEJF à mieux comprendre Israël et le sionisme, de leur fournir des outils pour pouvoir lutter contre des propos antisionistes quand ils les entendent, ici en France et notamment dans les Universités. 

    Les étudiants de l'UEJF en visite au mémorial de Yad Vashem et au cimetière de Kinneret en août 2021 ©UEJF

    Texte

    Les manifestations contre le pass sanitaire de cet été ont vu, une nouvelle fois, les symboles de la Shoah être banalisés : comment l’UEJF envisage de répondre, sur le terrain, à cette expression de l’antisémitisme et du négationnisme ?

    D’abord, il faut comprendre ce que sont ces pancartes, les expliquer car poser la question « Qui ? » et faire des listes, c’est un antisémitisme insidieux, et qui fonctionne par déduction. Nous voyons que, comme pendant les manifestations des Gilets Jaunes, la haine des Juifs vient s’immiscer dans un sujet qui n’a rien à voir. Par ailleurs, on a vu un glissement entre les premières manifestations, avec certains qui s’assimilaient à des victimes en portant une étoile jaune. Mais de victimes, les Juifs sont devenus coupables. Cette rhétorique antisémite qui les accuse d’être responsables de la pandémie vient de théoriciens qui les font pulluler sur les réseaux sociaux, c’est le cas d’Alain Soral, ou encore du journal France Soir, devenu ouvertement complotiste. 

    Face à cela, notre responsabilité est de dénoncer, déconstruire et attaquer en justice. Nous agissons pour faire supprimer des vidéos qui font des millions de vues, notamment sur Facebook et agissons également contre les grandes plateformes, comme Twitter récemment. Nous attaquons en justice, car l’impunité encourage l’expression raciste et antisémite. Il est de notre responsabilité et de celle de l’État d’agir pour décourager ce genre de manifestations par la sanction. 

    À plus long terme, nous menons un travail pédagogique de longue haleine, notamment avec le programme Coexist, également soutenu par la FMS, pour déconstruire les préjugés racistes et antisémites en milieu scolaire. 

    Quels sont les chantiers à venir pour la prochaine année universitaire ?

    Nous allons poursuivre le programme Coexist et continuer à notre travail sur les réseaux sociaux : nous le faisons avec et contre les plateformes. Par exemple, nous avons lancé un ‘testing’ contre Twitter pour montrer que ce réseau ne faisait pas le nécessaire en matière de lutte contre l’expression antisémite. Nous venons, à la suite de ce testing, de remporter un procès qui les oblige à fournir toutes les informations en termes de modération de leurs contenus haineux. 

    Avec la réouverture des universités, nos actions sont plus que jamais nécessaires. Nous allons participer à la formation des référents racisme et antisémitisme dans les universités et continuer à rassembler les étudiants partout en France. Et nous continuerons à porter une parole de combat et une parole pédagogique, sur les campus, dans les écoles et sur les réseaux sociaux, afin de faire reculer l’expression de la haine raciste et antisémite.

    Partager

    | |