Menu Rechercher

    Cycle de conférences - Déportation et génocides. Voir, savoir, comprendre

    Octobre et novembre 2007 - Collège de France / À voir en ligne

    La Fondation pour la Mémoire de la Shoah organise, en partenariat avec France Culture, le magazine l'Histoire et le Centre Pompidou, une série de trois conférences publiques données à Paris, au Collège de France, par Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka.

    Peu d’épisodes de l’histoire ont été autant scrutés que la Shoah et le système concentrationnaire. La place qu’ils tiennent aujourd’hui dans nos imaginaires et dans nos réflexions politiques ou éthiques mais aussi le fait de les distinguer semblent évidents, comme si elle découlait nécessairement de l’événement lui-même. Or ce que l’on perçoit, ce que l’on sait et ce que l’on comprend s’est construit au fil des années et des œuvres, dans une évolution où L'Univers concentrationnaire et La Destruction des Juifs d'Europe ne furent pas évoqués selon des rythmes analogues.

    Les intervenantes proposent, en trois séances, de reprendre ces questions de perceptions, de mémoires, de savoirs à partir d’objets et d’œuvres précises dont elles exploreront la genèse afin de dessiner la complexe constellation des premières narrations et représentations de l’événement.

    Mardi 9 octobre 2007 

    Premières écritures de l'histoire : Léon Poliakov et Olga Wormser-Migot

    La première séance a pour objet d'entrer dans l'atelier de ces deux historiens, pionniers de l'écriture de l'histoire de la déportation, du système concentrationnaire et du génocide des Juifs.

    Il s'agira d’éclairer la manière dont Léon Poliakov et Olga Wormser procédèrent, dans la postérité immédiate de l’événement, pour assembler et interpréter les sources, élucider et établir les faits, proposer un système de compréhension et construire un récit.

    Mardi 23 octobre 2007 

    Monuments et inscriptions: le musée d'Auschwitz, Nuit et Brouillard et le Tombeau du martyr juif inconnu

    Au souci précoce de réunir des traces et d’écrire l’histoire, s’ajoutent –dans le courant des années 1950 - des préoccupations nouvelles : transmettre, édifier, inscrire le souvenir dans la pierre ou le calendrier, dans un lieu ou sur un écran.

    Le paysage mémoriel des années 1955-56 apparaît en pleine mutation, marqué notamment par la commémoration à caractère international du dixième anniversaire de l’ouverture des camps d’Auschwitz-Birkenau, l’inauguration du Tombeau du martyr juif inconnu et la sortie du film Nuit et Brouillard.

    La séance en retracera la genèse et les enjeux , renouera les fils de leurs initiatives croisées, s’interrogera sur la question du lieu et la notion de sépulture.

    Mardi 13 novembre 2007 

    Filmer le procès Eichmann

    Les historiens s’accordent sur l’importance du procès Eichmann. C’est le premier grand récit à portée transnationale qui construit le génocide des Juifs en événement distinct dans la Seconde Guerre mondiale. Il marque également l’avènement du témoin au sens où l’histoire est désormais racontée par ceux qui en furent les victimes.

    Mais le procès n’aurait pas eu le même impact s’il n’avait pas été intégralement filmé en vidéo pour être diffusé auprès d’une audience internationale grâce à la popularisation d’un nouveau medium, la télévision.

    La séance portera sur la scénographie et les enjeux du procès, sur le travail du réalisateur Leo Hurwitz qui eut la charge de l’enregistrer, enfin sur les divers usages de ces archives filmées.

     

    Sylvie Lindeperg est historienne, maître de conférences à l’université de Paris III-Sorbonne nouvelle. Elle est notamment l’auteure de : Les Ecrans de l’ombre. La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (prix Jean Mitry, CNRS Éditions, 1997) ; Clio de 5 à 7. Les actualités filmées de la Libération (CNRS Éditions, 2000) ; Nuit et Brouillard. Un film dans l’histoire (Odile Jacob, 2007). S. Lindeperg s’intéresse également aux usages des techniques numériques et à leurs effets sur l’écriture de l’histoire. Elle a assuré la co-direction scientifique de plusieurs éditions multimédias parmi lesquelles Images de guerre 1940-1945 et Les Actualités mondiales (Éditions du Nouveau Monde, 2004 et 2005).

    Annette Wieviorka est historienne, directrice de recherche au CNRS (UMR IRICE-Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment Déportation et génocide. Entre la Mémoire et l’oubli (1992), Le procès Eichmann (1989), Le procès de Nuremberg (1995) ; L’Ere du témoin (1998) ; Auschwitz soixante ans après (2005). Elle est membre du Conseil supérieur des Archives et préside la commission Mémoire et transmission de la FMS.

     

    Informations pratiques

    Collège de France
    Amphithéâtre Marguerite de Navarre
    11, place Marcelin Berthelot
    75005 Paris

    Revoir la conférence sur le site Akadem

    Partager

    | |