Culture juive | Exposition

Georges Kars, un bohémien à Paris

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme consacre une exposition à Georges Kars (1880-1945), figure encore méconnue de l’École de Paris. Peintre et dessinateur à l’œuvre foisonnante, profondément attaché au réalisme, Kars voit sa trajectoire bouleversée par les deux guerres mondiales et les persécutions nazies. Cette exposition, la première qui lui est consacrée en France depuis plus de quarante ans, entend redonner toute sa place à un artiste dont une partie de l’œuvre fut confisquée, détruite ou vendue par les nazis au titre de l’"art dégénéré".

Du jeudi 15 octobre 2026 au dimanche 14 mars 2027 au mahJ

Depuis son ouverture, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme s’attache à faire découvrir ou redécouvrir des artistes dont les trajectoires ont été profondément marquées, voire interrompues, par les bouleversements du XXe siècle. Après l’exposition Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940, le mahJ poursuit cette démarche avec une exposition monographique consacrée à Georges Kars.

Peintre et dessinateur prolifique, Kars développe une œuvre à la fois picturale et graphique, nourrie par les recherches artistiques de son temps sans jamais renoncer au réalisme. En 1945, le critique d’art Raymond Cogniat soulignait ainsi qu’il "n’ignore rien des recherches les plus modernes, mais préfère en tenter la synthèse plutôt qu’en appliquer les formules". Pour Kars, "l'art réside dans l’âme" : une conception qui traverse une œuvre singulière, à la croisée de multiples influences mais profondément personnelle.

Son parcours est aussi celui d’un artiste confronté aux ruptures de l’histoire européenne. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, dont il laisse plusieurs carnets présentés dans l’exposition, Georges Kars doit de nouveau fuir en 1940. Persécuté en tant que Juif, il trouve finalement refuge en Suisse, où il est interné dans deux camps de réfugiés. Certaines de ses œuvres, qualifiées d’"art dégénéré" par le régime nazi, sont confisquées, détruites ou vendues. En février 1945, quelques mois avant la fin de la guerre en Europe, il se suicide à Genève.

Il s’agit de la première exposition consacrée en France à Georges Kars depuis la présentation de la donation Pierre et Denise Lévy au musée d’Art moderne de Troyes en 1983. En replaçant son œuvre dans son contexte artistique et historique, en identifiant ses influences comme ses spécificités, le mahJ entend aujourd’hui contribuer à la reconnaissance d’une figure singulière de l’École de Paris et rendre à son œuvre la visibilité dont l’histoire l’avait en partie privée.

Georges Kars, un bohémien à Paris

 

Cette exposition a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

 

Exposition

Du jeudi 15 octobre 2026 au dimanche 14 mars 2027 au mahJ

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71 Rue du Temple
75003 Paris

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