75 ans de la création de la Claims Conference, les 25 et 26 octobre 1951
Il y a 75 ans, les 25 et 26 octobre 1951, des représentants de 23 grandes organisations juives et près de 60 délégués officiels se réunissaient à New York pour fonder la Conference on Jewish Material Claims Against Germany, plus connue sous le nom de Claims Conference.
1951 : la naissance de la Claims Conference
En 1951, le chancelier fédéral Adenauer reconnaît la culpabilité allemande dans les crimes nazis. A l'initiative de Nahum Goldman, alors Président de l'Agence Juive, les représentants de 23 organisations juives du monde entier se réunissent les 25 et 26 octobre 1951 à New York pour une grande conférence nommée Conference on Jewish Material Claims against Germany.
Si tout le monde s'accorde sur le fait que la Shoah a causé un préjudice immatériel irréparable, la question se pose de savoir s'il faut tout de même négocier des réparations matérielles et si oui, si cela doit être fait par le jeune état d'Israël naissant ou par les communautés juives du monde entier. Pour une grande partie des délégués, il est inenvisageable de discuter avec l'Allemagne où les anciens bourreaux sont toujours là.
Finalement, il est décidé de mettre en place une organisation avec les représentants de 23 communautés juives du monde entier, dont Israël, afin de porter collectivement les procédures contre l'Allemagne pour l'indemnisation matérielle des victimes et de leurs descendants. La "Claims Conférence" est née.
En France, ses représentants sont l'Alliance Israelite Universelle et le CRIF.
1952 : l'accord historique de Luxembourg
Les négociations furent difficiles. Elles aboutirent finalement le 10 septembre 1952. Ce jour-là, le chancelier fédéral Konrad Adenauer, le président du Congrès juif mondial et président de la Jewish Claims Conference Nahum Goldmann et le ministre israélien des Affaires étrangères Moshe Scharet signèrent au Luxembourg un accord encore considéré aujourd’hui comme exemplaire. La République fédérale s’engagea à verser à Israël une indemnisation globale de trois milliards de marks, correspondant à un neuvième du budget fédéral de l’époque. La Jewish Claims Conference reçut, elle, 450 millions supplémentaires pour la reconstruction des communautés juives dans le monde entier. La République fédérale s’engagea également à améliorer l’indemnisation individuelle des victimes juives du nazisme.
Cet accord a permis à Israël, alors dans une situation économique fragile, d'accueillir les milliers de réfugiés européens et à la Claims Conference de développer un ambitieux programme d'aides aux survivants qui couvre aujourd'hui 115 000 survivants dans 82 pays. La France reste aujourd'hui après Israël le 2 ème bénéficiaire pour les programmes de compensations (rentes et indemnisations).
75 ans d'engagement en faveur des survivants et de la transmission de la mémoire
Au cours de 75 années de négociations avec le gouvernement allemand, ainsi qu’avec d’autres gouvernements et entreprises, la Claims Conference a obtenu de l’Allemagne plus de 100 milliards de dollars d’indemnisations en faveur des survivants de la Shoah.
Outre ces indemnisations, la Claims Conference a obtenu de l'Allemagne qu'elle finance aussi des programmes sociaux pour les victimes juives du nazisme, et notamment pour le maintien à domicile. Cela représente aujourd'hui plus d'un milliard d'euros dans le monde entier, répartie grâce à 300 organismes de services sociaux chargés de l’accompagnement et de la prise en charge des survivants à travers le monde. En France, l'aide à domicile (complémentaire de l'aide sur fonds publics) passe par 3 agences, l'Adiam à Paris et proche banlieue, le Casip pour l'Ile de France et le Grand Est, et le Casim pour le reste de la France, en particulier le Sud.
La Claims Conference se mobilise aussi pour des programmes d'éducation, intégrant des collectes et numérisations d'archives, des programmes de formations de professeurs dans le monde entier, et tout ce qui permet de transmettre la mémoire des Juifs assassinés dans la Shoah via des musées, des expositions, des films, des jeux vidéo etc.
Il y a 75 ans, les fondateurs de la Claims Conference se sont donné pour mission d’œuvrer à une forme de justice, aussi limitée soit-elle, en faveur des survivants de la Shoah. Aujourd’hui, l’organisation poursuit cet engagement avec la même détermination.
► Retrouvez la brochure publiée à l’occasion du 75e anniversaire de la Claims Conference
► Voir une vidéo sur les 75 années d’engagement de la Claims Conference en faveur des survivants de la Shoah