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    "L'ère des victimes. L'élaboration des lois mémorielles en France", par Elishéva Gottfarstein

    2017-2018
    Texte

    Elishéva Gottfarstein prépare depuis septembre 2015 une thèse sur "L'ère des victimes. L'élaboration des lois mémorielles en France". Elle bénéficie d’une bourse doctorale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui a souhaité participer à ce travail nécessaire sur un sujet peu étudié.


    Une analyse des lois dites "mémorielles" françaises

    Ce projet de recherche a pour objectif d’analyser le phénomène de la "concurrence des victimes" à travers l’étude des quatre lois dites "mémorielles" françaises. Chacune concerne un épisode tragique de l’histoire de France : 

    • la loi Gayssot (1990) pénalisant le négationnisme de la Shoah,
    • la loi de reconnaissance du génocide des Arméniens (2001),
    • la loi Taubira (2001) qualifiant l'esclavage et la traite négrière occidentale de crime contre l'humanité,
    • la loi Mékachéra (2005) visant à réparer les inégalités d'indemnisation au sein des différentes catégories de rapatriés d'Afrique du Nord.

    En 2005, une polémique, régulièrement réactivée depuis, naît à leur sujet. Certains historiens, juristes et politiques soutiennent que la prolifération des revendications mémorielles particulières remettrait en cause l’unité républicaine. L’appellation de « lois mémorielles », expression médiatique à visée péjorative, est utilisée pour qualifier ces textes, dès lors érigés en marqueurs symptomatiques de ce règne mémoriel.


    Une histoire législative, sociétale et politique

    Elishéva Gottfarstein se propose de mener une analyse approfondie, contextualisée et dépassionnée de ces dispositions législatives. Elle a pour objectif de retracer leur élaboration et leur histoire en étudiant leurs répercussions dans le champ intellectuel, leurs significations politiques et les enjeux qu’elles engagent dans la manière de dire l’histoire : Quelles étaient les revendications exprimées ? Pourquoi un texte législatif ? Comment l'analyser en termes de reconnaissance identitaire ? Quelles interactions entre universel républicain et revendications particulières ?

    A travers cette histoire législative, sociétale et politique, il s'agira également de mener une réflexion sur la nouvelle « ère victimaire » à laquelle ces lois participent, où le statut de victime est érigé comme accomplissement suprême, au niveau individuel comme collectif.

     

    Elishéva Gottfarstein prépare sa thèse à l’Université Sorbonne Nouvelle, Université Cergy Pontoise, sous la direction de Laurent Martin et Patrick Garcia, avec l'aide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah pour l’année 2017-2018.

    Elle participera au séminaire des boursiers organisé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah les mardi 9 et mercredi 10 janvier 2018.

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