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Des ressources sur le génocide des Tsiganes

Entre 1939 et 1945, les Roms et les Sinti d'Europe furent victimes d'une politique de persécution et d'extermination menée par l'Allemagne nazie et ses alliés. Considérés comme une population « racialement inférieure », ils furent internés, déportés, soumis au travail forcé et assassinés. On estime aujourd'hui qu'entre 220 000 et 500 000 Roms et Sinti périrent dans toute l'Europe. Pour mieux comprendre ce génocide méconnu, nous vous proposons un choix de ressources disponibles en ligne.

Dès les années 1930, les autorités nazies soumettent les Roms et les Sinti à des mesures d'exclusion, de surveillance et d'internement. Au printemps 1940, les autorités nazies déportent environ 2 500 Roms et Sinti allemands et autrichiens vers la Pologne occupée. Après l'invasion de l'Union soviétique en juin 1941, les Einsatzgruppen et les forces de police allemandes assassinent des dizaines de milliers de Roms dans les territoires conquis à l'Est.

Le 16 décembre 1942, Heinrich Himmler ordonne la déportation des Roms et des Sinti du Reich vers Auschwitz-Birkenau. Environ 23 000 hommes, femmes et enfants sont internés dans le "camp des Tsiganes" (Zigeunerlager). Les épidémies, la faim et les mauvais traitements y causent des milliers de morts.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, les SS liquident le camp : près de 4 300 Roms et Sinti, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, sont assassinés dans les chambres à gaz de Birkenau.

Longtemps méconnu, le génocide des Tsiganes n'a été officiellement reconnu par l'Allemagne qu'en 1982

Le 15 avril 2015, le Parlement européen a institué le 2 août comme Journée européenne de commémoration du génocide des Tsiganes. Cette journée rend hommage aux quelque 500 000 hommes, femmes et enfants roms, sintis et autres Tsiganes exterminés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, un génocide désigné en langue romani par les termes Porrajmos ("dévoration ") ou Samudaripé ("extermination").

Des ressources sur le génocide des Tsiganes

Lieux

Saint-Sixte, dans le Lot-et-Garonne, un mémorial rend hommage à quatorze Tsiganes assassinés en juin 1944 par des soldats de la division SS Das Reich.

Le site est composé d’une sculpture en acier inoxydable réalisée par l’artiste Serge Carvalho et d’une stèle portant les noms des quatorze victimes. Parmi elles figurent six enfants.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants furent exécutés sans motif, victimes de la violence meurtrière de la division Das Reich lors de sa remontée vers la Normandie. Cette même unité est également responsable de plusieurs massacres commis en France au cours de l’année 1944, notamment à Dunes, à Tulle et à Oradour-sur-Glane.

Créé en 1939, le camp accueille d’abord des détenus de droit commun. Il devient rapidement un lieu d’internement destiné à différentes populations jugées indésirables par les autorités : réfugiés espagnols, forains et familles dites « nomades » circulant dans les départements de la Charente et de la Charente-Inférieure (aujourd’hui Charente-Maritime).

Près de 125 personnes originaires de la Charente et environ 185 de la Charente-Maritime y sont internées. Parmi elles figurent de nombreuses familles et un grand nombre d’enfants. À son apogée, le camp compte jusqu’à 450 internés.

Le camp des Alliers s’inscrit dans l’histoire de la politique d’internement des populations tsiganes mise en œuvre en France à partir de 1940. Il témoigne de l’exclusion, du contrôle administratif et des privations subies par des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tout au long du conflit.

Chaque année, le 6 avril, une cérémonie commémorative est organisée à l’occasion de l’anniversaire de la fermeture du camp.

Ouvrages

Sous l’effet de décisions politiques et d’institutions savantes, des classifications désignant des groupes "exotiques" jugés inaptes à la vie sociale ont fait de ceux-ci un problème. Sous le nom de "question rom", ce problème est devenu celui d’une vaste minorité à traiter à l’échelle européenne alors qu’un nouvel anti-tsiganisme se répand.

Ce numéro offre un éclairage historique et juridique sur la politique menée par les nazis à l’encontre des Roms. Il présente des contributions sur la déportation des Roms roumains et un éventail d’investigations sur les massacres perpétrés par les Einsatzgruppen et d'autres unités en Europe de l'Est.

Née en Russie à l’époque des Tsars, Sonia Steinsapir (1912-1980) émigre à Paris en 1936. Victime des mesures antisémites sous l'Occupation, elle est internée dans les camps de Mérignac et Poitiers pendant la Seconde Guerre mondiale et réalise l’un des rares témoignages graphiques des persécutions antitsiganes en France. Après-guerre, elle poursuit sa vie d'artiste dans des conditions précaires. Dans cet ouvrage richement illustré, Ilsen About, chercheur au CNRS et spécialiste des mondes rom, retrace à partir de nombreuses archives et sous la forme d'enquête, "la vie intranquille" de Sonia Steinsapir. 

Grégoire Cousin, lauréat d'une bourse post-doctorale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah en 2021, propose une étude approfondie des persécutions subies par les Roms en Transnistrie durant la Seconde Guerre mondiale et dans l’immédiat après-guerre, ainsi que de leurs effets durables sur les survivants et leurs descendants.

Films

Entre juin 1942 et août 1944, 700 Tsiganes ont été internés dans le camp de Saliers près d’Arles. Voulu par Vichy comme un camp "vitrine", le projet fut confié à un architecte des Monuments historiques qui devait donner au camp l’aspect d’un "village agréable" où "il ferait bon vivre" ! La réalité du camp de Saliers fut bien différente de ce que la propagande vichyste voulait montrer.

À partir du témoignage des derniers survivants et d'images d'archives pour la plupart inédites, ce film identifie les architectes du génocide, parcourt les territoires de l'extermination et décrypte le long processus d'anéantissement de l'une des plus vieilles nations d'Europe, et ses répercutions aujourd'hui.

À vingt kilomètres de Saumur, près de la ville de Montreuil-Bellay, des milliers de Tsiganes ont été internés entre novembre 1941 et janvier 1945. Les "nomades", comme on les appelait à l'époque, ont d'abord été assignés à résidence avant d'être enfermés sur ordre des autorités allemandes.

Durant l'été 2022, la réalisatrice a suivi sur plusieurs milliers de kilomètres, de Montauban dans le Tarn-et-Garonne, à Auschwitz-Birkenau, le voyage en camping-car d'Alain et Maria Daumas, un couple de tsiganes français, sur les traces d'un génocide oublié, le "Samudaripen" et de leur propre histoire familiale. 

Thèse 

Théophile Leroy prépare une thèse sur la persécution des familles itinérantes identifiées comme "tsiganes" ou "asociales" entre mai 1940 et novembre 1944 en Alsace annexée. Il bénéficie d’une bourse doctorale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui souhaite participer à ce travail nécessaire sur un sujet peu étudié.