Fanny et David voient d’autres membres de leur famille et de leur Communauté disparaître. Ils subissent tous deux à Paris les discriminations antijuives, mais connaissent ensuite des parcours différents. Fanny survit dans la clandestinité avec sa mère et sa sœur aînée en Bretagne.
Le sort de David est plus tragique : il doit sa survie à sa mère qui, lors de leur arrestation la nuit du 4 au 5 novembre 1942, a la force de caractère de lui mettre dans les bras son petit frère – né quelques jours après l’internement de leur père à Drancy –, et de les pousser sous une porte cochère pour les soustraire à la déportation dont elle-même ne reviendra pas. Les deux frères, orphelins, tombent dans l’errance physique et affective des « enfants juifs cachés ». Ils trouvent refuge auprès de particuliers et d’institutions communautaires : l’UGIF puis l’OSE…
Soixante-dix-sept lettres échangées par leurs parents lors de la détention à Drancy sont à l’origine de cette entreprise de mémoire qui a conduit Fanny et David à s’engager dans la recherche de leurs racines séfarades et à travailler sur leurs souvenirs.
Grâce à ce livre, fruit de dix ans d’efforts, Fanny (décédée en 2001) et David ont creusé avec leurs mots une sépulture digne pour leurs chers disparus, ces disparus auxquels les nazis refusaient l’existence au-delà même de la mort, jusque dans les mémoires.





